L'orpaillage de loisir interdit sur toute la Bretagne

Publié par maxime legardez, le 4 août 2021   870

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L'orpaillage est une activité minière qui consiste à exploiter le sol afin d'y extraire de l'or. Normalement réservé à une activité professionnelle, il faut savoir que l'orpaillage est également un loisir, pratiqué par des chercheurs d'or amateur. 

Bien entendu, le matériel utilisé est excrément limité à un des outils exclusivement manuels et rudimentaires. Bien loin des engins mécaniques, des excavatrices ou encore des produits chimiques tels que le mercure, l'orpaillage utilise simplement un chapeau chinois ou une sorte de petite casserole que l'on appelle un pan américain ou une batée. En France, chaque amateur a pour obligation de se déclarer auprès des services de la police de l'eau de la Direction Départementale du Territoire (et de le Mer) afin de déclarer son activité et être certain de ne pas avoir d'interaction entre l'activité et un risque pour l'environnement.

En Bretagne, le nombre d’orpailleurs est extrêmement peu nombreux. On dénombre environ 60 amateurs, que ce soit des locaux ou des vacanciers (chiffres de 2017). La Bretagne est reconnue que la région la plus aurifère de France à l'image de la découverte faite en 2021 dans le petit village de Luhihi au Congo ou toute une colline a été prospecté par des géologues descellant un incroyable gisement (source : https://www.savoir-tout-sur-to...).

 Mais depuis 2018, le département du Finistère puis jusqu'à 2021, les départements du Morbihan, d'Ille et vilaine et les Côtes d'Armor ont conjointement pris la décision de ne plus délivrer d'autorisations favorables aux prospecteurs amateurs qui font leurs demandes pour pouvoir pratiquer leur loisir. 

Le motif mis en avant est un impact trop important de cette pratique sur le milieu, mettant en péril la sauvegarde de la biodiversité sur un milieu classé Natura 2000 depuis 2008. La question que l'association Goldline Orpaillage (source : https://www.goldlineorpaillage...) se pose la question de ces interdictions massives dans la région alors que la situation se passait bien jusqu'à ces dernières années. 

Dans le monde de l'orpaillage amateur, on a beaucoup de mal à comprendre en quoi 60 personnes, armée jusqu'aux dents avec une casserole peut mettre à mal l'intégrité environnementale de toute une région. La question qu'on est en droit de se poser est : est-ce un manque de réalisme sur ce qu'est l'orpaillage de loisir, ou bien un manque de volonté de vouloir réglementer un loisir ?

Pourtant, il n'existe aucune étude démontrant l'impact de ce loisir sur le milieu naturel à l'instar d'autres loisirs d'eau le canoë ou encore la pêche en eau douce.. A côté de cela, d'autres DDT de France ont pris les devant en travaillant conjointement avec les associations locales d'orpailleurs de loisir pour réfléchir à un encadrement raisonné afin de permettre le déroulement de cette activité. 

Il n'y a pas un mais 2 DDT qui ont décidé de travailler ensemble pour mettre en place ce nouveau cadre. Il s'agit du département de l'Ariège et de la Haute-Garonne. 2 départements ayant leurs cours d'eau communs, avec plusieurs arrêtés de protection du biotope et l'ensemble du territoire classé Natura 2000. 

Pourtant, en travaillant avec une équipe pluridisciplinaire comprenant, les DDT, L'ODB, une association d'orpaillage, la Fédération de Pêche des 2 départements, la gendarmerie, des naturalistes, ils ont élaboré un arrêté préfectoral permettant d'encadrer la pratique de l'orpaillage récréatif et d'assurer que les bonnes pratiques soient respectés.

Une première en France, car le rôle des associations est un élément central dans la réussite de cette entreprise. Elles permettent une meilleure diffusion des informations et des attentes des DDT auprès du grand public et elles apportent leur pédagogie pour expliquer ces bonnes pratiques à respecter.

Cette nouvelle réglementation existe maintenant depuis 2 ans (2019) et est couronnée de succès. En effet, les orpailleurs, eux même, ont pris également l'habitude de faire des bilans réguliers de leurs sorties afin de faire remonter aux DDT des informations précieuses du terrain comme des cas de pollutions, des dépôts sauvages d'ordures ou des sur mortalités de poissons. Un bilan gagnant / gagnant qui  apporte à tout le monde. 

Ci-joint un exemple de l'arrêté de la Haute-Garonne.