Antoine vous fera aimer le don du sang

Publié par Pint of science Rennes, le 7 mai 2019   980

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Antoine Beurel, doctorant à Rennes [1], présentait avec Florence Terrade, Le Don : en quête de sang à l'édition 2018, en plus de faire partie de l'équipe organisatrice.



# En quoi consiste votre travail / vos recherches ?

Je réalise ma thèse avec l'Etablissement Français du Sang (EFS), avec comme objectif de fournir à l'EFS des outils/méthodes qui leur permettront de mieux convaincre les donneurs de sang de basculer vers le don de plasma. Cette thèse se déploie selon 3 axes spécifiques : 1/ apporter des éléments de compréhension des facteurs agissant comme des "motivateurs" du comportement de don et à l'inverse ceux qui agissent comme des "freins". 2/ Développer, au regard des connaissances en communication engageante, les outils de communication "grand public" de l'EFS. 3/ Développer des approches permettant de s'adapter aux spécificités individuelles des donneurs, afin que le discours soit adapté à chaque profil de donneur.


# Quelles sont vos dernières découvertes ?

L'une des difficultés majeures de ce travail, c'est qu'il ne s'agit pas simplement de mener des études théoriques, et des expérimentations "qui marchent en laboratoire". Les outils qui seront développés doivent être adaptés au contexte organisationnel spécifique de l'EFS. Par exemple lors d'une précédente expérimentation, nous avons pu mettre en évidence qu'un donneur de sang approché après son don pour lui présenter le don de plasma et le solliciter pour en donner la prochaine fois, sera 3 fois plus susceptible d'accepter s'il est en Maison du Don (les centres de prélèvement fixes de l'EFS) qu'en collecte mobile. Au regard du contexte organisationnel, les préconisations ne peuvent en revanche pas être aussi simplistes que "supprimer les collectes mobiles, et déployez plus de sites fixes sur le territoire". Mais l'élément que l'on retient de cette étude est qu'il existe des différences, soit entre les deux types de sites (mobiles ou fixes), soit entre les profils de donneurs qui se présentent sur ces sites. Et ces différences sont significatives lorsqu'il s'agit de s'engager (ou non) dans le don de plasma.


# Si vous n'aviez pas rejoint le monde de la recherche, qu'auriez-vous fait ?

Le monde de la Psychologie est vaste et permet d'aller bien au-delà d'une activité de clinicien ou de recherche. Je suis (aspirant) chercheur, mais je suis également psychologue du travail. Et si la recherche n'avait pas été une option envisageable pour moi, travailler au sein d'organisations sur des missions d'accompagnement au changement aurait été une excellente manière d'appliquer à des situations concrètes et complexes les connaissances issues de la Psychologie.


# Qu'est-ce qui vous a poussé à participer à Pint of Science ?

Déjà, je suis un membre du public aguerri, et les premières éditions du festival à Rennes étaient une super découverte ! Je suis personnellement convaincu qu'on a tout à gagner à rendre la culture et le savoir accessible et à briser cette barrière entre le grand public et le monde de la recherche. L'exercice de vulgarisation scientifique est aussi quelque chose qui me plaît énormément. Loin d'être une évidence, c'est au contraire un vrai défi que de transmettre en si peu de temps un propos à la fois rigoureux sur le plan scientifique, et intelligible pour une personne non-experte. Alors si on me donne une occasion de relever le défi en partageant mes quelques connaissances en Psychologie, avec de la bière en prime ... Que demander de plus ?!


# En trois mots, comment décrivez-vous cette expérience ?

Science ; Bière ; Convivialité.


[1] LP3C (Laboratoire de Psychologie : Cognition, Comportement, Communication), Université de Rennes 2