Clarisse se demande si les poissons gardent la pêche

Publié par Pint of science Rennes, le 17 avril 2018   670

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Clarisse Boulenger, écologue à Rennes[1] a présenté ses recherches, avec Maxime Olmos, l’an dernier à Pint of science. Leur sujet : les migrateurs, du fleuve à la mer… et inversement !

 


 

# En quoi consiste votre travail / vos recherches ?

Mes recherches portent sur la compréhension des stratégies d’histoire de vie et de la dynamique des populations des poissons migrateurs (diadromes). L’objectif étant, grâce aux nouvelles connaissances, de mettre en place des outils d’aide à la gestion et à la conservation adaptés à ces espèces d’intérêt (économique, scientifique et sociétale). Pour cela, je construis et j’utilise des modèles mathématiques et statistiques permettant d’estimer des paramètres clefs de la dynamique de population tels que la survie, la croissance ou plus simplement l’abondance de nos espèces d’intérêt.

 

# Quelles sont vos dernières découvertes ?

 Mes recherches actuelles portent sur le développement d'une boîte à outils pouvant être utilisée par les gestionnaires pour estimer l’abondance des flux de migration de différentes espèces diadromes.

En effet, à travers la France, une cinquantaine de stations de comptage des migrateurs (STACOMI) a été mise en place pour pouvoir compter le nombre d’individus (juvéniles ou reproducteurs) qui remontent ou qui descendent un cours d’eau. Ces stations, bien que très informatives, ne permettent souvent d’obtenir qu’une observation partielle des flux de poissons (couverture du dispositif d’observation inférieure à la largeur/hauteur du cours d’eau, présence d’un bras de contournement ou d’un bief, efficacité du dispositif dépendante du débit ou de la turbidité). Les effectifs dénombrés sont donc plus ou moins différents des flux réels de poissons, et en l’absence d’une estimation des abondances, l’interprétation pour la gestion et la comparaison spatio-temporelle des données issues de ces stations de comptage est délicate. Nous avons donc créé une boite à outils pour estimer l’efficacité de détection des systèmes d’observation en place et l’abondance des poissons. Pour cela, une approche combinant observations et modélisation a été développée. Dans un premier temps, une un système d’observation secondaire est installée temporairement en complément de la station de comptage (à proximité immédiate). Après la période d’observation, les données issues des deux dispositifs de comptage (dispositif existant et temporaire) sont couplées et utilisées dans un modèle hiérarchique bayésien pour estimer le flux de migration et la probabilité de détection du dispositif existant. Pour une utilisation facilitée des modèles mis en place pour cette approche, un mode d’emploi a été créé pour leurs potentiels utilisateurs.

 

# Si vous n’aviez pas été chercheuse, qu’auriez-vous fait ?

 Je pense que je me serais tournée vers l’enseignement des plus petits (primaire ou maternelle). J’aime communiquer et transmettre (des points qui m’attirent d’ailleurs dans la recherche) et c’est quelque chose que je pourrai retrouver dans l’enseignement.

  

# Qu’est-ce qui vous a poussé à participer à Pint of Science ?

Mes collègues…. je parle beaucoup de l’importance de la vulgarisation scientifique pour que la science ne reste pas quelque chose d’abstrait pour le grand public et quand on m’a proposé Pint of science, ils m’ont poussée pour que je tente l’expérience et vois ce que ça implique en terme de travail. En plus, c’était l’occasion de travailler avec Maxime Olmos, un doctorant de mon unité et mon binôme lors de cette expérience. Nos approches sont complémentaires, ça m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur son sujet et aussi de faire une présentation plus complète et pertinente.  

 

# En trois mots, comment décririez-vous cette expérience ?

 Enrichissante, stimulante et un peu stressante.

 

[1] UMR Ecologie et santé des écosystèmes / Inra / Agrocampus Ouest